CORSE-MATIN..............................................................................    

Didier-Marie Le Bihan expose au Palazzu

Inspiration très "chou"au Palazzu u Domu où Didier-Marie Le Bihan expose ses tableaux jusqu'au 15 novembre (entrée est libre).
Au programme : Peinture originale de natures mortes, "plutôt de compositions", comme il aime à le préciser à ceux qui découvrent son travail, généralement séduits par tant de luminosité et cette saisissante impression de réel. À la clé, une fenêtre ouverte sur un paysage corse "interprété" par un peintre-poète. Et des objets qui prennent vie, dans une association stimulant la curiosité.
L'envol de goélands majestueux ouvre les ailes de la découverte d'un univers particulier, où l'oeil reste accroché à un quotidien insolite sorti tout droit d'un imaginaire cultivé et développé dans l'île de Sein, la plus petite île bretonne où Didier-Marie Le Bihan vit hors du temps peignant des petits bijoux de natures mortes teintées de surréalisme. Le tout en utilisant la technique du clair-obscur empruntée aux peintres flamands du XVème siècle.

Question de technique

Coqueluche des amateurs d'art contemporain, cet artiste est relativement méconnu du grand public car il expose peu. Chaque année, il produit une dizaine de toiles. Ces tableaux sont vendus avant même d'être finis... De l'autre côté de l'Atlantique, une galerie de New York lui a proposé d'exposer prochainement.
C'est pourtant avec passion, disponibilité, gentillesse et simplicité que le peintre que le peintre échange à l'occasion avec les amateurs d'art et livre les clefs de son travail. De la préparation de sa toile, avec le ponçage puis la pose de plusieurs couches d'un enduit à la craie sur un croquis au crayon. L'enduit va ainsi révéler la lumière. Il s'agit de bien l'appliquer pour obtenir une luminosité exceptionnelle. Dans sa palette, 3 tubes de couleurs : un jaune de cadmium, un rouge japonais et un bleu d'outremer. Dernière étape : le glacis et son jeu d'ombres pour donner une profondeur à la toile et asseoir le sujet dans son ensemble.
Sa façon de peindre associe ainsi techniques anciennes et modernes "On peut peindre sans technique mais on atteint vite ses limites créatives, la technique vous libère et vous permet de créer sans contrainte ni blocage". C'est avec une liberté totale qu'il immortalise citrons, choux et autres potimarrons dans des compositions originales et flamboyantes qui ravissent nécessairement l'oeil gourmand.

Christine Bottero

CORSE MATIN,  du 22 octobre 2012.     Image article cliquez