Anonyme..............................................................................    

Un homme sur son caillou qu’est l’Ile de Sein croque des maquereaux, les fume et les met dans l’huile pour l’hiver.

L’huile d’olive pour les déguster et l’huile de lin pour les figer.

Une tempête pour Didier-Marie Le Bihan, c’est un baiser passionné de mer.

Ne le laissez pas trop longtemps loin de son île, il risquerait d’étouffer comme un poisson hors de l’eau.

Capter la lumière, comme l’unique sens à sa vie.

Dans son grand hangar, ancienne usine où l’on eut la drôle d’idée jadis de mettre des araignées de mer en boîtes, on y trouve de tout … un lapin, des squelettes d’oiseaux, un bonsaï, une webcam qui filme en permanence, une corne de brume abandonnée, des carcasses de homards bleus, des chauffes eau électriques, des filets et des casiers à crabes, une ou deux théière en argent, une presse de graveur, des cd de chants Corses, une photo de son père avec Vanessa Paradis… un cabinet de curiosité sans fond.

Allez en mer et peindre, c’est un peu la même chose,

Apportez-lui un chou tout frais du marché, il le posera toujours au bord d’un gouffre de vide, entre l’ombre et la lumière, prêt à sombrer, pour lui donner une seconde d’éternité.

Et puis il fera une soupe et vous invitera à la partager.

L’Île de Sein est son abri, la lumière, la seule façon raisonnable de l’aborder.